Des Caraïbes au Pacifique, 2 destinations à découvrir au Costa Rica !


Depuis plusieurs décennies, le Costa Rica est devenue une « destination-phare » du tourisme et plus particulièrement du « tourisme vert« . Le pays de « La pura vida« , le pays d’une vie pure et saine, à tel point que les locaux utilisent cette expression à la place de se dire « au revoir » pour se souhaiter une « bonne vie ». Notre périple à la découverte de l’Amérique Latine (du nord au sud) ne pouvait ignorer cette destination. Et pour cause, ce petit pays d’Amérique Centrale d’environ 51 000 km carrés (à comparer aux 613 800 kms carrés de la France) entre le Pacifique et la mer des Caraïbes, voisin avec le Nicaragua au nord et le Panama au sud est souvent montré en exemple. Ayant mis en place une politique originale dès 1948, abolissant l’armée au profit d’une politique sociale portant sur l’éducation, la santé et la protection de l’environnement, le Costa Rica, en plus d’être une destination nature, avec son parc du Corcovado, est aussi un modèle de pays égalitaire pour beaucoup de pays d’Amérique Latine où la violence, la corruption et les inégalités sont monnaies courantes.

De ces choix, le Costa Rica s’est forgé une image très positive au niveau international même si tout n’est pas parfait dans ce pays (dans lequel cela le serait-il ?), notamment avec les cultures intensives et calamiteuses sur le plan environnemental de bananes et ananas faîtes par les grands groupes internationaux spécialisés de l’agroalimentaire (avec épandages de produits chimiques, interdits en Europe depuis longtemps, par avion et à proximité des habitations).

Costa Rica - San José - Latinexperience voyages

En choisissant de découvrir le Costa Rica, nous avions l’impression que nous allions découvrir un pays avec un développement élevé et une qualité de vie exceptionnelle. Dès notre arrivée par un avion en provenance de Cancún à l’aéroport de San José, nous fûmes surpris de voir une vallée emplie d’habitations tentant de conquérir les montagnes environnantes. Ce spectacle est particulièrement saisissant lors d’une arrivée à la nuit tombée, comme ce fut notre cas.

Dès les portes de l’aéroport franchies, nous sommes saisis par une température très fraîche. Il faut dire que si le Costa Rica est un pays se situant sous les tropiques, il possède des montagnes et des volcans lui conférant différents climats malgré sa taille réduite. San José, sa capitale, se trouve sensiblement au centre du pays, sur un plateau à 1 300 mètres d’altitude. La zone urbaine abrite près de trois millions d’habitants (sur les cinq millions que compte le pays).

Costa Rica - San José - place - Latinexperience voyages

Ayant une réputation assez mitigée, nous décidons de partir dès le lendemain découvrir cette capitale et nous forger une opinion par nous-mêmes. Étant logé en périphérie du centre ville, des locaux nous indiquèrent comment atteindre ce centre que nous souhaitions découvrir. Après avoir traversé des quartiers relativement pauvres, aux maisons basses et souvent inachevées, parfois faîtes de bois et de tôle, parfois en brique brute, nous atteignîmes enfin les premières rues piétonnes animées. Des bâtiments plus cossus, au style plus bourgeois jouxtant un quartier plus moderne d’immeubles élevés s’imposèrent.

costa Rica - San José - Musicien - Latinexperience voyages

Contrairement à ce que nous avions lu dans différents sites, nous ne nous sentons pas particulièrement en insécurité. Bien entendu, comme toute grande ville (du monde), nous ne trainerons pas le soir dans ces rues, par prudence évidente. Néanmoins, ayant trouvé d’immenses bâtiments d’allure industriel et abritant différents marchés alimentaires ou artisanaux, nous sommes agréablement surpris par une ambiance plutôt sympathique, joyeuse et bigarrée. Cette effervescence populaire n’est pas pour nous déplaire et nous nous fondons dans la foule arpentant ces rues.

Costa Rica - San José - Eglise - Latinexperience voyages

Au bout de quelques minutes, les monuments et places principales de ce centre s’offrent à nos regards. De facture plutôt élégants mais très sobres, ces lieux sont à l’instar du centre-ville, de dimensions modestes. Si ce n’était la capitale, nous n’en serions guère surpris mais le contraste avec la vue d’ensemble depuis l’avion est saisissant. De cette agglomération importante ne ressort que des bâtiments sans grand intérêt (voire carrément miséreux) et décevant pour une capitale.

Costa Rica - maisonette - Latinexperience voyages

Dès le lendemain, nous nous dirigeons vers la côte Caraïbes par voies terrestres, nous permettant d’admirer les paysages montagneux qui font, petit à petit place à une végétation sauvage, luxuriante de type tropicale. Car la vraie richesse du Costa Rica ne réside pas dans ses monuments ou son histoire mais bien dans son écosystème et nous allions rapidement le découvrir.

Costa Rica - San José - Latinexperience voyages

La route qui est en train de devenir une autoroute (bonjour les travaux sur l’ensemble de cet axe !), nous permet de découvrir des terrains remplis de centaines de containers dédiés à l’exportation des cultures de fruits, une des sources de richesse du pays.

Costa Rica - Parc de Manzanillo - Latinexperience voyages

Dès l’apparition des premières esquisses du littoral, après avoir contourné le grand port du pays, Puerto Limon (qui n’a d’intérêt que pour les porte-conteneurs), le climat tropical s’impose à nous avec ses eaux turquoises, sa végétation aux variantes de verts ponctuées des couleurs chatoyantes des fleurs, où seules les plages de sable fin, tantôt d’un blanc immaculé, tantôt d’un noir de jais, délimitent ces espaces. Dans le même temps, la chaleur tropicale humide, chargée des effluves de la végétation sauvage environnante nous saisit. Cette côte longue d’environ 80 kms (de Puerto Limon à Manzanillo) est une véritable splendeur, répondant à toutes les idées que l’on peut se faire d’une côte de la mer des Caraïbes.

Trois principaux villages constituent les agglomérations « centre de vie ».

Parc de Cahuita

costa Rica - Plage du Parc de Cahuita - Latinexperience voyages

La première, est un village très calme qui possède un parc naturel longeant les plages où l’on peut se baigner (les espaces de baignades sont balisés car le courant peut être fort selon les endroits) et admirer la faune et la flore locale. Son activité tourne autour de ce parc.

Puerto Viejo

La principale agglomération, regroupant restaurants, hôtels, boutiques de locations de vélos, motos ou voitures, échoppes diverses, etc… La plage s’étend le long de ce village animé de jour comme de nuit.

Punta Uva

Notre véritable coup de cœur sur cette côte fût pour un petit lieu-dit, à 5 kms de Puerto Viejo, Punta Uva où, nous avons élu domicile dans une petite case en pleine jungle et à proximité de la plage. Cette plage (de nage) y est réputée pour être la plus belle des alentours, une jolie promenade vous menant même à un éperon rocheux et aux plages de surfers qui suivent. Une rivière coule placidement dans une végétation foisonnante, abritant nombre de singes, paresseux, oiseaux divers, papillons, etc… qui se laissent bien souvent admirer.

costa Rica - Puerto Uva - Lodge - Latinexperience voyages

En toile de fond de cet Eden (c’est aussi le nom du restaurant sur cette plage, tenu par des français, que nous recommandons chaudement pour leur accueil, la beauté du lieu et leur petits plats frais à base de produits locaux, notamment de poissons et langoustes à prix raisonnables), une montagne couverte d’une jungle luxuriante. Un paradis sur terre, hormis les week-ends ou les « Ticos » (nom donné aux natifs du Costa-Rica) débarquent en voiture, se garant au plus près de la plage avec enceintes géantes, barbecue, glacières, etc… Une « ambiance Caraïbes » assurée !

Costa Rica - Punta Uva - Latinexperience voyages

Rare privilège, nous avons pu découvrir grâce à Laurent, un ami français qui vit dans la jungle, à quelques kilomètres de Punta Uva, « sa jungle » (12 hectares) dans laquelle il est en train de créer un projet d’écotourisme, extrêmement respectueux de l’environnement.

En quittant Punta Uva, le dernier village (le terme est peut-être exagéré) de cette côte se nomme Manzanillo. Ce petit village hormis du fait qu’il soit le dernier village côtier du Costa-Rica, offre, là encore, accès à un parc naturel qui longe la côte, faîte de roches et de plages, sur plusieurs kilomètres, s’approchant au plus près de la frontière avec le Panama et notamment l’archipel de Bocas del Toro (que beaucoup, dont nous, visitent en même temps mais on en reparlera dans un autre article dédié au Panama). Cette région, moins connue que la péninsule de Nicoya et les volcans environnants, nous aura enchanté pour sa végétation et ses paysages, moins pour le charme de ces agglomérations (ces trois villages sont essentiellement constitués de maisons, encore une fois faîtes de bois et tôle, et ne possèdent que peu d’aménagements).

Suite à cette première expérience, nous repartons pour la capitale San José dans le but de découvrir la deuxième destination de notre voyage au Costa Rica, un autre sanctuaire de la nature : la péninsule d’Osa, sur la côte pacifique sud-ouest du pays. Sur les conseils d’amis, nous choisissant la voix aérienne, les distances étant importantes pour s’y rendre.

Costa Rica - San José - Aéroport - Latinexperience voyages

En arrivant à l’aéroport, nous sommes aiguillés sur le terminal qui dessert les lignes intérieures, un magnifique avion de l’aéropostale trônant à son entrée. Une fois les formalités remplies, nous nous dirigeons sur le tarmac de l’aéroport pour embarquer.

Notre surprise fût inversement importante à la taille du frêle avion 12 places qui nous attendait paisiblement. Étant peu habitués à ce type d’avion, nous nous remémorons nos baptêmes de l’air de jeunesse en entrant dans l’habitacle. La proximité avec les pilotes et leurs instruments étant une première pour un vol touristique.

Une fois les craintes envolées avec le décollage exécuté avec dextérité, nous commençons à admirer le paysage fait de montagnes verdoyantes à perte de vue. Quelques minutes plus tard, la côte pacifique apparaît à nos yeux émerveillés de voir un tel spectacle à une altitude relativement basse. S’étirant sur plusieurs centaines de kilomètres, notre avion suit ce littoral jusqu’à la réserve naturelle de Sierpe, constituée de mangroves avec un tout autre panorama fait de méandres lacustres serpentant littéralement parmi une végétation luxuriante et impénétrable.

Costa Rica - Puerto Jimenez - Latinexperience voyages

Les appareils photos crépitent et nous nous félicitons de notre choix qui nous a permit d’admirer de la meilleure façon qu’il soit cet antre de la nature. Puis, petit à petit, la végétation devient plus clairsemée, laissant apparaître des prés parmi la végétation omniprésente, une agglomération apparaissant au loin. Quelques minutes plus tard, nous nous posons à l’aérodrome de Puerto Jimenez, principale bourgade de cette péninsule.

Costa Rica - Puerto Jimenez - Latinexperience voyages

La découverte de ce village se fait en quelques dizaines de minutes à pied et nous révèle un village, encore une fois fait de baraques en bois ou briques apparentes et tôle, et de quelques rares petits immeubles dédiés aux touristes. Plusieurs restaurants locaux (on les appelle des « sodas »), des supérettes (que l’on appelle des « fruterias »), des « agences de voyages » qui organisent les tours (obligatoires) pour rentrer dans le parc du Corcovado, etc… occupent et animent ces rues. Le charme n’opère pas sur nous malgré une promenade sur la plage agréable, non loin du centre. Mais, nous ne venions pas en ces lieux pour admirer les chefs d’œuvres architecturaux (le Costa Rica en est dénué !) mais bien, pour découvrir les beautés sauvages que recèlent cette péninsule. Le meilleur moyen de locomotion restant la voiture (4X4 fortement conseillé). Dès le lendemain nous voici donc partis arpenter les routes plus ou moins bitumées alentours.

Costa Rica - Drake Bay - Latinexperience voyages

Notre choix se porte sur une première destination à l’opposé de la péninsule, Drake Bay. L’énoncé du nom du célèbre corsaire britannique en ces lieux nous ayant interpellé, nous sommes impatients de découvrir ces lieux. Au bout de quelques kilomètres, la route se transforme en piste où les passages à gué pour traverser des rivières plus ou moins importantes se succèdent régulièrement. Nous prenons toute la mesure de la relativité des distances et du temps nécessaire à les couvrir. Une véritable aventure où l’on espère ne pas s’enliser.

Costa Rica - Plage Drake Bay - Latinexperience voyages

Les 80 kilomètres nous séparant de Drake Bay nous prendront environ 3h00. Mais là n’est pas l’important ! Cette piste nous révèle des paysages de toute-beauté, où des montagnes ondoyantes accueillent une végétation omniprésente et changeante selon les versants. La jungle luxuriante fait place à des prairies où paissent de paisibles vaches non loin de la frêle ombre de majestueux baobabs. Notre surprise de rencontrer de tels arbres en ces lieux est grande ! Même si cette route nécessite une attention de tous les instants, nos yeux s’émerveillent de ce panorama et cette plage sauvage et où l’homme n’a que peu marqué sa présence (tant mieux !).

Costa Rica - Drake Bay - Latinexperience voyages

Enfin, après avoir gravi une dernière pente un peu plus raide que les autres, nous arrivons par les hauteurs en vue de la baie tant convoitée. Nos espoirs d’admirer un panorama exceptionnel sont entièrement comblés. Notre route surplombant cette baie, nous pouvons constater que Drake Bay est entourée de montagnes sauvages où les flots violents du pacifique viennent se jeter. Au centre de la baie, une plage parsemée de roches sombres tranchantes avec le sable clair et l’eau turquoise devenant bleue foncée plus au large, offre un havre de paix aux paysages encore une fois paradisiaque. Cette vision enchanteresse est pour nous une des plus belles que nous ayons vue. Bien évidemment, nous avons notre deuxième coup de cœur du voyage.

La piste descendant sur l’un des versants de ces montagnes en direction de cette plage, nous nous engageons avec célérité dessus. Peu de temps après, nous entrons dans le hameau où seules quelques maisons sommaires et quelques hôtels de taille modeste accueillent les quelques touristes épris de nature qui se rendent en ces lieux. Un des accès au parc Corcovado, la principale attraction de cette péninsule, s’y trouvant, tout comme des spots de plongée.

Choisissant de remettre à plus tard l’exploration de cet immense parc, nous préférons jouir de l’ambiance décontractée de la baie auprès de la terrasse vue mer d’un des rares restaurants de la baie. Cette pose bienvenue nous permet de récupérer quelque peu de la route et de se préparer au retour. Après de bien trop courtes heures et afin de rentrer avant la nuit, nous prenons le chemin inverse où nous éprouvons toujours le même plaisir à admirer tant de beautés que la nature de ce parc peut offrir. Le soleil déclinant, la même végétation se révèle d’une manière différente, sublimé par les nuances d’un ciel mordoré se reflétant sur les flancs des montagnes verdoyantes du parc.

Les jours suivants, nous explorons les alentours de Puerto Jimenez et plus particulièrement le pourtour littoral sauvage qui longe l’accès à l’entrée principale du parc Corcovado. Ce parc est une immense réserve naturelle qui abrite une des plus grandes biodiversités du monde où les aras géants, les tapirs, les jaguars, différentes espèces de singes, etc… ont élu domicile. Les principaux sentiers qui permettent l’accès des touristes suivent le littoral. La végétation explose et impose sa diversité dès les abords du parc. Nous avons eu la chance de rencontrer des singes peu farouches mais visiblement gourmands, de magnifiques aras, volant d’arbres en arbre, des écureuils, des toucans, nombres d’espèces d’oiseaux marins ou charognards, etc… Le jaguar se montrant plus discret à nos yeux.

Ce parc est à l’image du Costa Rica, sauvage, sans réels aménagements dédiés aux touristes, cher (très cher même) d’accès mais révélant au visiteur ce que mère-nature (« Pacha-mama » en amérindien) peut offrir de plus beau de la manière la plus simple.

Notre séjour au Costa Rica, loin des parcours classiques de la Péninsule de Nicoya et ses plages de surfers et ces établissements festifs (et d’un certain tourisme américain ?) mais aussi des volcans où les chemins pédestres deviennent des boulevards pour espérer atteindre des sommets qui restent bien souvent dans la brume, nous a permis de découvrir deux régions encore méconnues et tout à fait exceptionnelles de ce pays. Le Costa Rica nous aura marqué pour ses paysages magiques et sauvages, pour le calme reposant qu’il en émane, pour la gentillesse de ces habitants et pour d’autres raisons encore qu’il faudrait détailler.

Le terme « d’or vert » nous semble vraiment juste pour ce pays de part la richesse en biodiversité qu’il offre mais aussi par la richesse que le Costa Rica en retire. Que cela soit par les entrées des parcs peu aménagés (et chers !) ou par les subsides émanant de la culture intensive et nocive des bananeraies et cultures d’ananas, le Costa Rica est un pays qui profite pleinement, pour le meilleur et pour le pire, de ce que la nature lui offre. Néanmoins, restant sur une note positive, nous gardons de nos deux « coup de cœur« , Punta Uva et Drake Bay mais aussi d’autres lieux tout aussi beaux, le souvenir de paysages magiques et sublimes, comme beaucoup d’autres endroits de ce pays petit par la taille mais grand par sa biodiversité à découvrir.

Stéphane & Floriane
Voyageurs Latinexperience

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